On l'imagine derrière un écran de télédétection. Kevin Koriantsoa préfère la tarière. Ingénieur carbone chez Bôndy, il mesure le stock des mangroves de Ma Honko en les carottant, sans abattre un arbre. Trois questions.
Kevin Ravelosamiariniriana Koriantsoa passe une partie de son année sur Ma Honko, dans la boue et le sel des mangroves, au cœur d'un projet carbone à Madagascar. Ce qu'il en rapporte : des mesures, des chiffres, du carbone lu jusque dans le bois des arbres.

Que mesurez-vous exactement à Ma Honko ?
Deux choses. Le stock de carbone présent dans les écosystèmes de mangrove, sol compris, par prélèvements d'échantillons et inventaires forestiers. Et la croissance des arbres, par dendrochronologie : on lit la croissance radiale sur des carottes de bois. La seconde mesure éclaire la première, parce qu'elle indique le potentiel de séquestration à venir, pas seulement le stock actuel.
Comment prélever sans abîmer le site ?
Les interventions sont non destructives. Aucun arbre n'est abattu, il s'agit de carottages avec de petits prélèvements. Les sols sont prélevés sur de faibles surfaces, puis refermés après échantillonnage. Le principe est de laisser le site dans son état après le passage de l'équipe.

Pourquoi le terrain plutôt que la télédétection ?
Les deux approches existent, et elles se combinent. Mais il s'agit d'une première étude sur le site de Ma Honko. Sans données réelles et locales, un modèle reste une hypothèse. Le terrain réduit les incertitudes et fournit la base sur laquelle des modèles d'estimation pourront ensuite être calibrés, puis étendus par télédétection et SIG à plus grande échelle.
Les protocoles suivis sont ceux du CIFOR (Kauffman et Donato, 2012) et les travaux publiés sur les mangroves malgaches, de Jones et al. en 2014 et 2016 à Ratefinjanahary et al. en 2025.
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