170 000 plants de la pépinière de Bôndy ont été détruits par le cyclone Gezani lors de son passage à Tamatave.
Quand le cyclone Gezani a frappé Tamatave, il n’a pas seulement balayé des infrastructures : il a aussi rappelé, avec brutalité, à quel point les systèmes agricoles restent exposés aux chocs climatiques. Sur notre pépinière de Tamatave, près de 170 000 plants ont été détruits. Une perte immense, qui a touché au cœur même notre capacité de production, de restauration et d’accompagnement des agriculteurs.
Et pourtant, au milieu des dégâts, une autre réalité est apparue : celle de la résilience. Car malgré l’ampleur du choc, les dynamiques engagées sur le terrain n’ont pas disparu. Elles se sont adaptées, réorganisées, relancées. Plus encore, le cyclone a confirmé la pertinence des approches fondées sur la diversité, l’ancrage local et les Solutions fondées sur la Nature.
Dans le cadre du projet ALBATROSS, soutenu par l’Union européenne, Bôndy accompagne à Tamatave 150 paysans partenaires dans la mise en place de systèmes agroforestiers pensés pour durer. Ici, il ne s’agit pas d’appliquer un modèle unique venu d’en haut, mais de construire, avec les producteurs eux-mêmes, des systèmes adaptés à leurs réalités : types de sols, pentes, usages, objectifs économiques, contraintes climatiques et logiques paysannes.
C’est dans cette perspective que quatre modèles agroforestiers ont été co-designés avec les agriculteurs. Cette co-construction est essentielle : elle permet d’imaginer des systèmes ancrés dans les conditions locales, capables de répondre à la fois aux besoins de production, aux enjeux de restauration écologique et aux exigences d’un climat de plus en plus imprévisible.
L’agroforesterie, ici, ne se résume pas à planter quelques arbres dans un champ. C’est une manière de recomposer le paysage agricole en associant, dans un même espace, des arbres fruitiers, des arbres de rente, des essences forestières, des plantes médicinales et des cultures agricoles. À Tamatave, cette mosaïque repose sur une diversité d’environ 30 espèces.
Cette diversité fait toute la différence. Elle protège. Elle amortit les chocs. Elle ouvre des options. Lorsqu’une culture souffre, lorsqu’un prix s’effondre, lorsqu’un aléa frappe, d’autres espèces prennent le relais. Si le cacao baisse, si une culture produit moins que prévu, les paysans peuvent s’appuyer sur d’autres productions, d’autres cycles, d’autres revenus. En diversifiant les usages, les temporalités et les ressources, ils augmentent leurs chances de tenir, de s’adapter, et de continuer à vivre de leur terre.
Le cyclone a toutefois imposé un ajustement lucide des objectifs. Initialement, le projet visait 200 hectares d’implémentation et de restauration. Mais face aux pertes massives subies à la pépinière et aux contraintes post-cycloniques, cet objectif a été ramené à 100 hectares. Ce n’est pas un renoncement. C’est un choix de réalisme, de cohérence et de solidité : mieux vaut mettre en œuvre moins, mais bien, que maintenir artificiellement un objectif devenu intenable.
Dans le même temps, la relance s’est organisée rapidement. La production a repris, de nouveaux semis ont été lancés, et l’objectif est désormais clair : disposer d’environ 100 000 plants prêts à être mis en terre d’ici la fin du mois de juin, c’est-à-dire avant la fin de la saison des pluies. Cette relance ne consiste pas seulement à refaire ce qui a été perdu, mais à repartir avec des systèmes plus robustes, mieux planifiés et mieux adaptés aux réalités locales.
Au-delà de la production agricole, cette initiative montre très concrètement ce que peut être une Solution fondée sur la Nature : une réponse capable, dans un même mouvement, de restaurer les écosystèmes, renforcer les sols, diversifier les revenus, soutenir les communautés rurales et accroître leur capacité d’adaptation face au changement climatique.
À Tamatave, cultiver des arbres, ce n’est donc pas seulement produire. C’est aussi réparer, sécuriser, diversifier, anticiper. C’est reconstruire un paysage vivant capable d’absorber les chocs. C’est transformer la diversité en force. Et dans un territoire où les cyclones, les incertitudes climatiques et les fragilités économiques se conjuguent, cultiver la diversité revient, plus que jamais, à cultiver la résilience.

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