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Quatre heures de piste, quatre femmes : la filière soie sauvage à Madagascar

À Tsinjoarivo, région Sofia, quatre femmes tiennent un atelier de soie sauvage malgache. Le projet Landibe, mené par Bôndy en partenariat avec CMA CGM, structure cette filière.

Quatre heures. C'est le temps que met un 4x4 pour rejoindre Tsinjoarivo depuis Port Bergé, dans la région Sofia. C'est aussi ce qui explique pourquoi un savoir-faire de cette qualité, la sériciculture sauvage malgache, est resté longtemps sans débouché formalisé.

Du 20 au 26 avril 2026, Harena a fait le trajet. Ce qu'elle a trouvé au bout de la piste, c'est un atelier de soie sauvage qui produit déjà, et quatre femmes qui le tiennent. Olivia, 47 ans, mère de trois enfants majeurs, dirige l'atelier et mène en parallèle son maraîchage et son élevage. Espérance, 35 ans, tisse avec une précision qui fait référence dans le groupe. Synthia, 27 ans, marche une heure chaque matin pour rejoindre l'atelier ; elle maîtrise aujourd'hui le filage et la teinture. Dania, 24 ans, dernière arrivée, apprend vite.

En février, dix kilos de cocons ont donné les premières écharpes. En mars, la production de fil a progressé, portée par l'installation d'un métier à tisser miniature. Une filière soie ne se décrète pas depuis Antananarivo. Elle se construit là où le savoir-faire existe déjà, à condition de lui donner un outil, un débouché et un prix.

Landibe : une filière soie sauvage malgache, en partenariat avec CMA CGM

Landibe est le projet par lequel Bôndy structure, dans la région Boeny, une filière de soie sauvage à partir de Borocera madagascariensis, une espèce endémique dont le cocon produit une fibre rare. Ce projet s'inscrit dans un partenariat avec CMA CGM, groupe mondial de transport maritime et de logistique, engagé aux côtés de Bôndy pour développer une chaîne de valeur locale, traçable et rémunératrice pour les productrices malgaches.

L'atelier de Tsinjoarivo illustre la méthode Landibe : partir d'un savoir-faire déjà présent sur le terrain, plutôt que d'importer un modèle depuis la capitale, et construire autour de lui l'outillage, la formation et le débouché commercial qui lui manquaient. La filière soie sauvage malgache, aujourd'hui informelle et dispersée, devient ainsi un levier de revenus directs pour des femmes rurales, tout en valorisant une ressource naturelle sans déforestation.

Jeune plant vert en train d'être planté dans un sol brun par des mains humaines.

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