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Plan 30x30 à Madagascar : le capital existe, il attend ses opérateurs

Madagascar doit mobiliser entre 600 et 850 millions de dollars d'ici 2030 pour protéger 30 % de son territoire. L'atelier « Finance durable pour le 30x30 » a rappelé une évidence : le capital privé ne peut jouer son rôle de multiplicateur qu'à condition de trouver des opérateurs crédibles pour l'absorber. Bôndy a été citée parmi ces opérateurs.

Madagascar doit mobiliser entre 600 et 850 millions de dollars d'ici 2030 pour tenir sa promesse de protection de 30 % de son territoire. Les 28 et 29 avril, l'atelier « Finance durable pour le 30x30 » a rappelé une évidence trop peu dite : le capital privé ne peut jouer son rôle de multiplicateur qu'à condition de trouver, côté malgache, des opérateurs crédibles pour l'absorber. Bôndy a été citée parmi ces opérateurs. Voici pourquoi.

Un atelier, deux jours, une même question

Convoqué par WWF Madagascar avec le Ministère de l'Environnement et du Développement Durable, l'atelier a réuni au Radisson Blu les acteurs majeurs de la conservation malgache : FAPBM, Fondation Tany Meva, Wildlife Conservation Society, Blue Heron Ventures, ainsi que la société d'investissement Miarakap et le fonds Mitsiry. Deux jours consacrés à une même question. Comment financer les 30 % de territoire que le pays s'est engagé à protéger, quand l'aide publique disponible reste très en deçà des besoins.

La Blended Finance comme multiplicateur

Le message porté par les panélistes tenait en trois temps. D'abord, la Blended Finance, ou financement mixte, agit comme un multiplicateur : en apportant des garanties ou du capital concessionnel, le secteur public réduit le risque perçu par les investisseurs privés et les attire là où ils ne viendraient pas seuls. L'ordre de grandeur mondial, documenté par le think tank Convergence, atteint 273 milliards de dollars mobilisés à ce jour.

Sans opérateurs, la mécanique reste vide

Cette mécanique reste toutefois vide sans PME capables d'absorber le capital. À Madagascar, trois modèles ont été cités comme déjà opérationnels : Madagascar Coffee Company, sur le café cultivé sous canopée forestière ; SYMABIO, sur l'export biologique ; et Bôndy, sur l'agroforesterie et la restauration d'écosystèmes. Ce ne sont pas des projets pilotes. Ce sont des entreprises qui produisent, rémunèrent des communautés et rendent compte à des auditeurs.

Doté de 50 millions de dollars, le fonds Mitsiry a été présenté comme le chaînon qui manquait à l'écosystème financier malgache. Il fait la jonction entre l'incubation, l'amorçage et les mécanismes plus lourds que sont les fonds carbone et les véhicules fiduciaires. Il ne prétend pas remplacer les financeurs publics. Il leur donne un point d'entrée où déployer leur capital avec un effet de levier réel.

Ce que Bôndy apporte à cette architecture

Notre modèle a été retenu parmi les trois cités pour quatre raisons que nous documentons trimestre après trimestre.

L'agroforesterie que nous déployons ne cherche pas à remplacer les aires protégées. Elle les entoure. En créant des revenus stables autour des zones de conservation, elle réduit la pression qui pèse sur elles, ce que la théorie appelle la zone tampon économique et que le terrain appelle, plus simplement, avoir de quoi vivre autrement qu'en coupant la forêt.

La rémunération des communautés n'est pas un supplément. Elle est un paramètre du modèle opérationnel. À Ambanja, la compensation en riz reçue par nos producteurs partenaires est indexée sur le taux de survie de leurs plants, mesuré à six puis à dix-huit mois. Ce sont les arbres qui ont tenu, et eux seuls, qui déterminent ce que touche chaque famille. À Bebaboky-Sud, les habitants ont désigné eux-mêmes ce que devait financer le partage des bénéfices carbone, avant tout arbitrage extérieur.

Notre certification B Corp n'est pas un badge de communication. Elle ancre une exigence de gouvernance auditable, que nous prolongeons trimestre après trimestre par la publication d'un rapport d'impact. Le prochain paraîtra avant la fin de l'année, adossé à un plan de transition climatique aligné sur 2050.

Nos parcelles sont traçables à l'unité près. Chaque hectare planté reçoit un identifiant unique et un historique verrouillé sur la blockchain Cardano, dont toute altération se détecte à l'audit. Ce niveau de granularité est celui que réclament aujourd'hui les financeurs climat, à hauteur de ce qu'ils demanderaient à un compte de résultat.

Ce qui manque, et à qui

Trois conditions extérieures aux opérateurs ont été rappelées à la clôture. Aux financeurs, Mitsiry demande de dédier une part de capital concessionnel aux fonds locaux, la brique la plus rare du dispositif. Aux ONG, l'appel est d'aider à identifier les PME dites conservation-friendly. À l'État malgache, deux gestes attendus depuis longtemps : la sécurisation du foncier, et l'accélération de la mise en œuvre de l'article 6 de l'Accord de Paris, qui conditionne l'accès aux marchés carbone internationaux.

Ce qui manque au 30x30 malgache n'est donc ni l'ambition, ni les mécanismes financiers. Ces deux étages existent. Ce qui manque, c'est le nombre d'opérateurs locaux prêts à recevoir le capital, à le déployer sur le terrain et à en rendre compte parcelle par parcelle devant un auditeur. Cette capacité ne se décrète pas en fin de programme. Elle se construit dans les mois où l'on cartographie sans rien vendre.

Bôndy est ouverte aux échanges avec les fonds, financeurs et corporates qui regardent l'économie nature-positive malgache. Prenons contact.

Jeune plant vert en train d'être planté dans un sol brun par des mains humaines.

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